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Le traitement et la prévention de la mammite sont les principales raisons d’utilisation d’antibiotiques en production laitière. La mise en place d’un traitement antibiotique sélectif au tarissement représente une excellente opportunité de diminuer l’utilisation d’antibiotiques, et ce, sans affecter les performances futures, la santé ou le bien-être des animaux.

Les objectifs du traitement au tarissement sont de traiter les infections intra-mammaires présentes en fin de lactation et de prévenir les nouvelles infections intra-mammaires durant le tarissement. Le traitement antibiotique universel au tarissement, c’est-à-dire l’administration d’antibiotique intra-mammaire dans chaque quartier de chaque vache avant la période du tarissement, est une méthode qui était recommandée depuis les années 1960 (National Mastitis Council) afin d’améliorer la santé de la glande mammaire des troupeaux.

Depuis ce temps, au Canada, la santé mammaire des troupeaux s’est grandement améliorée. Plus de la moitié des vaches sont saines, sans infection, au moment du tarissement. Il n’est donc pas nécessaire de traiter avec un antibiotique les vaches ou les quartiers qui ne présentent pas d’infection intra-mammaire. Dans ce cas, il est seulement utile de prévenir les nouvelles infections intra-mammaires et une alternative non antibiotique est maintenant disponible pour remplir ce rôle : les scellants à trayon. Les scellants sont des agents inertes qui agissent comme une barrière physique dans le canal du trayon.

Le traitement universel au tarissement n’est donc plus une approche recommandée dans un contexte d’utilisation judicieuse des antibiotiques, on y privilégie le traitement sélectif au tarissement. Cette approche est d’ailleurs maintenant obligatoire dans les pays de l’Union européenne et est recommandée par le National Mastitis Council.

En quoi cela consiste-t-il?

Il faut tout d’abord évaluer avec votre médecin vétérinaire si votre troupeau est un bon candidat pour établir cette approche. Il est nécessaire que la santé du pis soit sous contrôle dans votre troupeau pour que cette approche soit envisagée. Au Canada, le comptage de cellules somatiques du réservoir doit se situer sous 250 000 c/mL de lait et ce, à l’année. La proportion de vaches infectées par un agent pathogène contagieux doit être faible (<10%) et l’incidence de mammite clinique en début de lactation doit être faible (<33% des cas ont lieu dans les 30 premiers jours de lactation).

La deuxième étape consiste ensuite à sélectionner les vaches ou les quartiers à faible risque d’être infecté pour appliquer un traitement antibiotique sélectif. Plusieurs critères peuvent vous aider à identifier les vaches ou les quartiers sains. Par exemple, l’historique de comptage de cellules somatiques et de mammite clinique de la vache durant sa lactation ou une culture bactériologique du lait au tarissement peuvent être utilisés. Une vache qui se qualifie pour le traitement sélectif, autrement dit qui a eu une bonne santé du pis durant sa lactation, pourra recevoir seulement un scellant intra-mammaire à la fin de la lactation, scellant qui diminuera le risque d’introduction d’un agent pathogène dans la glande mammaire durant la période de tarissement.

 

La sélection des animaux pour un traitement antibiotique sélectif peut se faire à deux niveaux : vache ou quartier

L’approche au niveau de la vache est plus simple à appliquer, mais une plus grande réduction de l’utilisation d’antibiotiques intra-mammaires peut toutefois être atteinte si la sélection s’effectue au niveau des quartiers. Votre médecin vétérinaire pourra déterminer avec vous la meilleure approche pour votre troupeau en considérant les avantages et inconvénients de chaque approche.