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Préciser le diagnostic d’atteinte respiratoire

  • Possibilité de faire des échographies pulmonaires dans le champ
    • Développé et étudié chez les jeunes animaux, facile, rapide
    • Recherche d’images anormales spécifiques
    • Par contre attention, une image anormale ne veut pas dire qu’il faut traiter
      • Associer les images avec d’autres signes cliniques et tests diagnostiques pour décider d’un traitement

Préciser le diagnostic étiologique

Lors d’épisodes respiratoires, les virus sont considérés comme les agents primaires de la maladie alors que les bactéries sont considérées comme des agents secondaires, responsables de surinfection.

PAR CONTRE, on sait que certaines bactéries peuvent entraîner des signes cliniques sévères sans passage viral et certains virus peuvent aussi entraîner des signes cliniques sévères sans surinfection bactérienne.

Virus les plus souvent impliqués

Les virus les plus souvent impliqués sont :

  • Rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR ou BHV-1)
  • Virus respiratoire syncytial bovin (BRSV)
  • Diarrhée virale bovine (BVDV)
  • Parainfluenza de type 3 (PI-3)
  • Coronavirus bovin*
  • Adénovirus bovin*
  • Influenza type D*

* Ces virus ont été rapportés comme étant impliqués dans le complexe respiratoire bovin. Cependant, plus d’études sont nécessaires afin d’établir leur rôle réel dans les infections.

SIGNES CLINIQUES ÉPIDÉMIOLOGIE
Herpès virus type 1
  • SCG, VRS, toux, stridor
  • Atteint d’autres systèmes
  • Favorise les infections par d’autres agents pathogènes
  • Portage latent
Virus respiratoire syncytial bovin
  • SCG, VRI, pneumothorax, emphysème SC
  • Favorise les infections par d’autres agents pathogènes
  • Portage latent ou infection subclinique ou clinique légère explique la persistance
Diarrhée virale bovine
  • SCG VRS
  • Atteint d’autres systèmes
  • Favorise les infections par d’autres agents pathogènes
  • Importance des animaux infectés permanents dans la persistance de la maladie dans l’élevage
Para-influenza de type 3
  • SCG, VRS/VRI (léger)
  • Très fréquent dans population bovine
  • Favorise les infections par d’autres agents pathogènes
  • Infection subclinique ou clinique légère
Adénovirus
  • SCG légers
  • Très répandu, mais peu sévère (types 3, 4 et 7)
  • Entérite léthale (type 10)
Coronavirus bovin
  • SC: VRS
  • Atteinte système digestif
  • Importance et liens avec pneumonie encore controversés
  • Favorise les infections par d’autres agents pathogènes

SCG : signes cliniques généraux (fièvre, abattement, anorexie); VRS : voies respiratoires supérieures; VRI : voies respiratoires inférieures.

Bactéries les plus souvent impliquées

Les bactéries les plus souvent impliquées sont :

  • Mannheimia haemolytica
  • Pasteurella multocida
  • Histophilus somni
  • Mycoplasma bovis

 

SIGNES CLINIQUES ÉPIDÉMIOLOGIE
M. haemolytica
  • SCG, VRI, pleurésie, endotoxémie
  • Possibilité de passage à pneumonie chronique
  • Flore commensale nasopharynx
  • Sérotype plus pathogène
  • Secondaire insulte primaire
  • Moins important chez le jeune veau
P. multocida
  • SCG, VRI
  • Peut occasionner des pneumonies chroniques ou persistantes
  • Flore commensale nasopharynx
  • Très souvent secondaire à une insulte primaire
  • Très souvent isolé chez le jeune veau
H. somni
  • SCG, VRI, pleurésie
  • Atteint d’autres systèmes
  • Flore commensale nasopharynx et génital
  • Secondaire insulte primaire
  • Rare chez le jeune veau
M. bovis
  • SCG
  • Peut occasionner des pneumonies chroniques
  • Atteint d’autres systèmes
  • Flore commensale nasopharynx
  • Favorise les infections par d’autres agents pathogènes
  • Secondaire insulte primaire
  • Importance chez les jeunes veaux (0-34%)

SCG : signes cliniques généraux (fièvre, abattement, anorexie);  VRS : voies respiratoires supérieures; VRI : voies respiratoires inférieures.

Agents plus rares

Des agents plus rares peuvent parfois être présents :

  • Virus
    • Herpèsvirus bovin de type 4 (BHV-4)
    • Virus de la rhinite bovine
    • Reovirus
    • Enterovirus
    • Calicivirus
  • Bactéries
    • Trueperella pyogenes
    • Bactéries anaérobies
    • Salmonelles (dont Salmonella Dublin; contamination pulmonaire par voie hématogène plutôt qu’aérogène)
    • Chlamydia *
    • Biberstenia Trehalosi
    • Mycoplasma
    • Moraxella bovis/ovis

* Cette bactérie a été rapportée comme étant impliquée dans le complexe respiratoire bovin. Cependant, plus d’études sont nécessaires afin d’établir son rôle réel dans les infections.

 

On doit savoir POURQUOI on traite et arrêter de donner des antibiotiques « au cas où »!

Examens complémentaires

Quels sont les examens complémentaires possibles pour aider au diagnostic d’une pneumonie?

Analyses sanguines (sérologie)

  • Attention aux interférences avec la vaccination
  • 2 prélèvements à 15-21 jours d’intervalles afin de noter une séroconversion;
  • Idéalement, il faut que les analyses des 2 prélèvements soient effectuées au même moment

Prélèvements

  • Nécropsie
    • Prélèvements de choix:
      • Minimum 1 section par lobe pulmonaire (ou plus si plusieurs types de lésions macroscopiques)
      • 1 section nœuds lymphatiques trachéobronchiques
      • 1 section trachée
      • Cœur (entier ou 1 section de : ventricule gauche, ventricule droit, septum)
      • Autre (1 section chaque) : foie, reins, rate, iléon, thymus, pavillon d’oreille
    • Ne pas utiliser d’animaux chroniques
    • Plus difficile à mettre en place en début de condition
    • S’il n’est pas possible de soumettre des échantillons au laboratoire, une nécropsie à la ferme peut être réalisée et un diagnostic présomptif peut être posé à l’aide de la fiche Nécropsie à la ferme-respiratoire
  • Écouvillon nasal
    • Rapide
    • Bactéries et virus considérés comme agents du complexe respiratoire bovin peuvent être retrouvés dans la flore normale (pas de diagnostic individuel)
  • Écouvillon nasopharyngé
    • Rapide, pas d’expertise nécessaire
    • Contamination nasale possible, interprétation pour diagnostic individuel complexe (bactéries responsables du complexe respiratoire bovin font partie de la flore nasopharyngée normale)
  • Lavage/aspiration trans-trachéale
    • Échantillon représentatif trachéo-bronchique sans contamination par les voies respiratoires supérieures lorsque bien réalisé
    • Diagnostic individuel étiologique et sensibilité antimicrobienne lors de complexe respiratoire bovin
    • Cytologie du liquide possible
    • Long à réaliser, demande technique et matériel spécialisé, contamination fréquente
  • Lavage broncho-alvéolaire
    • Possible de le réaliser sous endoscopie ou à l’aveugle
    • Représentatif de la population microbienne des VRI (attention, selon la technique possibilité d’une contamination par les VRS)
    • Diagnostic individuel
    • Cytologie du liquide possible
    • Incertitude quant à la portion des poumons prélevée lorsque réalisé à l’aveugle

 

Donc si l’on compare les différents types de prélèvements :

Ouvrir le tableau présentant le résumé

En résumé

En résumé, il existe plusieurs test diagnostiques pour déterminer les agents pathogènes responsables des problèmes respiratoires. Il est donc important de faire le bon choix en définissant le contexte dans lequel on décide d’effectuer des analyses complémentaires. Il ne faut négliger aucune étape, de la prise du prélèvement jusqu’à l’analyse de laboratoire. Il faut être clair et spécifique dans les requêtes de laboratoire et ne pas hésiter à communiquer avec les infectiologues des établissements afin d’avoir le soutien nécessaire.

 

Résumé des tests pour un diagnostic respiratoire

EN : écouvillon nasal, ENP : écouvillon naso-pharyngé, LBA : lavage broncho-alvéolaire, ATT : aspiration transtrachéale