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Agents étiologiques

Un traitement de support devra être mis en place rapidement sans connaître exactement l’agent pathogène responsable de la maladie. Ces traitements consistent en une fluidothérapie et l’administration d’AINS (une fois la déshydratation corrigée. D’autres traitements, comme les probiotiques ou le colostrum, sont actuellement à l’étude. Dans la très grande majorité des cas, il n’est pas recommandé d’arrêter l’alimentation lactée; selon l’état général de l’animal celle-ci peut être réduite et/ou fractionnée. De l’eau doit rester à disposition du veau.

Il pourra être utile d’effectuer des tests diagnostiques appropriés afin de déterminer quel est ou quels sont les agents pathogènes responsables de la maladie dans l’élevage.

Étiologies possibles :

  • Parasites: cryptosporidies, coccidies, giardies
  • Virus: rotavirus, coronavirus, diarrhée virale bovine,
  • Bactéries: Escherichia coli, Salmonella, Clostridium spp., Campylobacter spp.
  • Non infectieuse: alimentaire

D’autre virus moins fréquents comme des norovirus, enterovirus, torovirus nebovirus, parvovirus et astrovirus ont été rapportés comme impliqués dans les diarrhées. Cependant, plus d’études sont nécessaires afin d’établir leur rôle réel dans les infections.

On peut parfois se baser sur l’âge du veau pour évaluer quels agents pathogènes pourraient être en cause et ainsi s’orienter vers certains choix de tests diagnostiques.

 

Exemple de l'âge des veaux lors d'une infection par les principaux agents de diarrhée

ETEC : Escherichia coli entérotoxinogène; STEC-EPEC : Escherichia coli producteur de toxine Shiga- Escherichia coli entéropathogène

Antibiotiques

En pratique, on doit mettre en place un traitement sans savoir si une bactérie est impliquée dans la condition, et si une bactérie est impliquée, quel antibiotique spécifique serait efficace. Cependant, dans le cas des diarrhées néonatales, il est raisonnable de croire que l’on cherche à traiter les septicémies de bactéries provenant du système digestif principalement E. coli ou des Salmonella spp.

Comment choisir l’antibiotique approprié ?

  • Selon la législation en place
  • Selon une attente réaliste que l’antibiotique choisi aura un spectre d’action efficace pour traiter la condition
  • Sécurité
  • Facilité d’administration
  • Compliance
  • Coût
  • Disponibilité

En se fiant sur l’homologation et la classification des antibiotiques selon leur importance en médecine humaine.

Par exemple au Canada :

  • Ampicilline (ex : Polyflex) ou TMS (ex : Borgal) en injectable
  • Le ceftiofur et les quinolones ont démontré une efficacité, mais sont hors homologation et appartiennent à la catégorie I en médecine humaine. Pour ces raisons, ils ne devraient pas être utilisés en première intention.

Protocole de traitement

L’utilisation de protocoles de traitement standardisé s’insère dans le plan d’usage judicieux des antibiotiques et devrait être mis en place à la ferme.

  • Les choix de traitements, les durées de traitements et plusieurs critères sont modifiables par l’auteur du protocole afin de bien s’insérer dans la régie d’une ferme en particulier.
  • Il est nécessaire de mettre l’emphase sur l’importance de peser les animaux afin de calculer la bonne dose de traitement requise.
  • Les protocoles devraient être minimalement revus à chaque année et évoluer en fonction des résultats obtenus par les tests diagnostiques.
  • Les protocoles de traitement doivent inclure un suivi de la réponse au traitement et la réponse au protocole doit être consignée dans un dossier de santé
  • Sensibiliser les producteurs à respecter la durée prévue du traitement et à laisser un délai de 3 à 5 jours avant réévaluation de l’animal pour changement de traitement. Évidemment si l’état de l’animal se détériore, un contact avec le médecin vétérinaire est requis.
  • L’utilisation de protocoles de traitements standardisés ne dispense pas le producteur de tenir son registre de traitements et dossiers de santé à jour.